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June 05, 2003 Les opposants aux réformes de l'UE gagnent du terrain Alors que les signes de blocage se multiplient, la Convention sur l'avenir de l'Europe n'a plus que trois semaines pour achever ses travaux et présenter un projet de Constitution au sommet européen de Salonique (Grèce) des 20 et 21 juin.
Le présidium de la Convention sur l'avenir de l'Europe devait se réunir jeudi 5 juin, avant une séance plénière de l'assemblée en fin de journée, pour tenter de formuler de nouvelles propositions sur la question des institutions. Les opposants à la réforme des institutions européennes gagnent cependant du terrain à la Convention, où 18 Etats sur 27 se déclarent désormais en faveur du maintien des équilibres définis lors du laborieux sommet de Nice en 2000.
Le chiffre a été donné par le représentant du gouvernement irlandais, Dick Roche, dans une conférence de presse donnée conjointement avec ses homologues de 16 petits pays de l'Union européenne. Tous les émissaires des gouvernements venaient de rencontrer le président de la Convention, Valéry Giscard d'Estaing, qui a engagé des consultations de dernière minute avec les différentes "composantes" de l'assemblée (Parlements nationaux, Parlement européen, gouvernements et Commission européenne).
Alors que les signes de blocage se multiplient, la Convention n'a plus que trois semaines pour achever ses travaux et présenter un projet de Constitution au sommet européen de Salonique (Grèce) des 20 et 21 juin.
"Les grands Etats membres affirment que l'Union européenne a besoin aujourd'hui de nouvelles institutions. Nous pensons pour notre part qu'il n'y a pas besoin de changer la méthode communautaire, qui a très bien servi l'Union européenne", a assuré la représentante du gouvernement finlandais, Teija Tiilikainen.
SIMPLIFIER LE FONCTIONNEMENT DE L'UE
Les petits pays de l'Union européenne estiment qu'il est désormais trop tard pour se mettre d'accord au sein de la Convention sur des réformes aussi fondamentales. L'acquis de la future Constitution européenne est déjà largement suffisant en dehors de ces réformes, estiment-ils.
Le camp du statu quo institutionnel compte déjà trois grands pays de l'Union européenne, l'Espagne, le Royaume-Uni, et la Pologne, qui avaient cosigné la semaine dernière une lettre dans ce sens à l'initiave de Madrid. A ce stade, seul le groupe des pays fondateurs (les trois du Benelux, plus la France, l'Allemagne et l'Italie) n'a pas remis en cause la nécessité de réformes de grande ampleur.
Le président de la Convention, Valéry Giscard d'Estaing, a déjà fermement rejeté l'option d'un statu quo. Pour lui, comme pour beaucoup de membres de la Convention, cela reviendrait à renoncer à l'un des objectifs principaux des travaux de l'assemblée : simplifier et rendre plus lisible le fonctionnement de l'UE.
Si le blocage sur ce point persiste, a averti M. Giscard d'Estaing, il faudra renoncer à présenter un projet de "traité constitutionnel" au sommet européen de Salonique. Mais il aussi estimé que "les postures négatives" étaient à ce stade "largement tactiques". Dominique de Villepin a reconnu mercredi que la Convention était "en crise". "Toute négociation connait son pic et nous sommes au pic de la négociation", a-t-il cependant ajouté.
Les optimistes se rassurent en estimant, comme Robert Badinter, représentant du Sénat français, que la "Convention ne peut pas échouer parce que ce serait trop grave". "Face aux choix ultimes on arrivera à un accord", estime-t-il. Un échec remettrait l'ensemble des réformes entre les mains d'une conférence intergouvernementale.
Avec AFP
LEMONDE.FR | 05.06.03 | 09h13 • MIS A JOUR LE 05.06.03 | 09h39
Information uploaded by Emmanuel Vallens on June 05, 2003 11:18 AM
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