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June 04, 2003 MM. Delors et Giscard d'Estaing constatent leurs convergences sur la réforme de l'Union européenne L'ancien président de la Commission et l'actuel président de la Convention s'exprimaient au "Grand débat RTL-"Le Monde"". En France, sur la question européenne, les différences sont faibles entre les socialistes modérés et les centristes libéraux. Aussi le "Grand débat RTL-Le Monde" qui opposait, lundi 2 juin, Jacques Delors, ancien président socialiste de la Commission européenne, à Valéry Giscard d'Estaing, actuel président de la Convention sur l'avenir de l'Europe, a-t-il plus souvent tourné à l'échange de propos consensuels qu'à l'affrontement. Les deux hommes ont regretté que la défense des intérêts nationaux paraisse l'emporter dans les ultimes débats de la Convention avant de constater leurs convergences sur les principaux points de la réforme institutionnelle proposée. La création d'une présidence stable du Conseil européen ? D'accord, a dit Jacques Delors, à condition que le président ait des pouvoirs limités et qu'il soit assisté d'une équipe représentante, par rotation, les autres pays. C'est exactement ce que nous proposons, a assuré Valéry Giscard d'Estaing.
"ÇA NE SUFFIT PAS"
Une Commission restreinte ? Oui, a déclaré Jacques Delors, qui, se fondant sur une étude naguère commandée à des experts, situe "entre sept et neuf" le nombre "optimum" de commissaires, mais estime nécessaire que, pendant une période de transition de cinq ans, les nouveaux Etats membres disposent chacun d'un représentant.
C'est aussi l'avis de Valéry Giscard d'Estaing, qui évalue à douze le nombre de tâches relevant de la Commission et considère que celle-ci risque de n'être plus représentative si les six grands Etats, qui rassemblent la majorité de la population, ne disposent plus que de six sièges sur vingt-cinq. Il propose donc de réduire, à partir de 2009, le nombre de commissaires. La majorité qualifiée ? Valéry Giscard d'Estaing recommande une solution "simple", différente de la pondération fixée par le traité de Nice : il faudra réunir la majorité des Etats et la majorité de la population. Proposition approuvée par Jacques Delors, à condition que cette majorité soit de 60 %.
D'accord sur l'essentiel, les deux hommes ont tout de même exprimé quelques divergences. Sur l'éventualité d'une politique étrangère commune, Jacques Delors s'est montré moins confiant que son interlocuteur, exprimant des doutes sur la fonction du futur ministre européen des affaires étrangères. "M. Giscard d'Estaing est dans le droit fil des fondateurs, a-t-il dit. Il croit que la fonction créera le dynamisme. Moi, je ne le crois pas du tout."
Divergence aussi sur la coordination des politiques économiques, que Jacques Delors juge insuffisante. Divergence enfin sur la référence à la religion dans la future Constitution européenne. Valéry Giscard d'Estaing évoque "l'élan spirituel qui a traversé l'Europe et fait toujours partie de son patrimoine". "Franchement ça ne suffit pas", répond Jacques Delors, qui demande une mention explicite du "judéo-christianisme". Conclusion de Valéry Giscard d'Estaing : par opposition au "pessimisme lucide" de Jacques Delors, je prône un "optimisme lucide".
Le Monde
Information uploaded by Peter Strempel on June 04, 2003 06:45 PM
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